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Dans son rapport " Du Pluralisme d'ethnies aéfiennes ", M. Robert Jaulin fait remarquer que dans certaines régions d'Afrique, " le seul probléme de l'occidentalisation de l'Afrique a été psé, rt non pas celui de l'africanisation de l'apport occidental ". Tel n'est plus le cas de cette grande partie de l'Amérique appelée " Mestizo America " par John Gillin dans as contribution à Most of the World (publié par Falph Linton, N. Y., 1949 " Cette appellation est admise par le Dr William Sayres, dans son rapport sur " les Indiens et les non-Insiens en Colombie rurale " ; mais l'auteur ajoute prudemment qu' " en dépit des mélanges de race et de culture et quoique les populations s'inscrivent généralement dans le cadre métis, il existe d'importantes différences culturelles entre les deux grupes principaux - les Européens et les soi-disant Indiens ". (Soit dit en passant, j'estime qu'il conviendrait, pour éviter une confusion avec les Indiens orientaux, de parler toujours des Indiens d'Amérique comme d'Amérindiens). Le Dr Sayres estime qu- en Colombie, les deux groupes requièrent plus qu'une éducation purement académique, afin d'atteindre une meilleure " conception de leurs droits et devoirs respectifs ", et ceci pendant une période de transition d'une certaine durée. Ce type d'éducation, difficile à réaliser, semble nécessaire dans toute région où les différences ethniques et culturelles posent des problèmes. Celui d'éliminer ou de maintenir les différences internes dans une société plurale - traité par M.M.G. Smith dans son rapport sur " le Pluralisme ethnique et culturel dans les Caraibes britanniques ", n'est lui-même qu'une question de choix, et semble aussi devoir être résolu par une éducation Qui ne soit pas puremente académique. C'est pourquoi le Mexique a accordé tant d'attention à l'éducation dans le cadre de son " problème indien". La " mexicanisation " est un processus d'éducation aussi bien qu'une politique d'intégration sociale et culturelle. Telle fut également la techique suivie par le Général Candido Fondon et ses collaborateurs en ce qui concerne les Amérindiens du Brésil, par le truchement du célèbre Service brésilien pour la Protection des groupes de population indigène subsistant dans les zones centrales et amazoniennes de l'Amérique portugaise. Comme le Dr Miguel Léon-Portilla l'écrit dans son rapport sur " Le pluralisme ethnique et culturel dans la République mexicaine ", la " mexicanisation " ne signifie seulement la suppression des valeurs réelles des cultures indiennes. Elle implement que l'in cherche à élever le peuple dans les dominaines où l'on peut affirmer que les survivances culturelles pré-colombiennes sont nuisibles ". Il est évident qu'il n'est pas simples, dans un pays européanisé comme le Mexique ou le Brésil ou toute région européanisée dans, ses frandes lignes, comme l'Angola moderne, de préciser les valeurs indigènes " réelles " ou les coutumes indigènes " nuisibles ". Para exemple, pour ma part, je trouve qu'il est déraisonnable de la part des Portugais en Angola de considérer que pour qu'un indigène soit considéré comme un véritable " assimilado" " ou comme un citoyen portugais, il est essentiel qu'il dorme dans un lit européen. Em effet, il y a au Brésil toute une série de personnes hautement civilisées, Qui préfèrent au meilleur lit européen, un hamac de style et d'origine amérindiennes, loruqu'il s'agit de dormir dans les tropiques. Ceci se vérifie même dans le cas de certains Anglais, Français et Allemands; et l'une des pages les plus fatteuses et les plus intelligentes Qui aient jamais été écrites sur le hamac brésilien est rédigée par un Anglais. D'autre part, il est vrai qu'au XVIIe siècle, lorsque les Portugais commencèrent à suivre en Orient une politique visant à leur culture certains modes vestimentaires et bom nombre de mets, ils furent sévèrement critiqués par les Anglais, qui voyaient en ceci un manque de dignité européenne. Les Européens et Anglo-américains qui étudient les peoples et les cultures non-européennes semblent généralement en faveur de la politique précurseuse suivie par les Portugais en Orient et en Amérique tropicale en ce qui concerne les contacts ethniques et culturels des Européens avec les non-Européens. Dans son rapport sur " Le pluralisme ethnique et culturel en Afrque centrale britannique, le Professeur Kenneth Kirkwood exprime as confiance " en la capacite des peuples de l'Afrique centrale et de la Grande-Bretagne de faire face aux divers problèmes qui se posent à eux rt de les résoudr " et déclare que " tous les groupes ethniques possèdent d'admirables qualités humaines ". D'où, la nécessité ou l'utilité " d'une attitude non raciale dans les questions humaines ". Sur ce point, la politique belge au Congo, si elle semple éviter systématiquement un type de culture métisse, reconnaît cependant que les Européens n'ont pas le monopole des qualités humaines ou des valeurs culturelles Selon M.G.E.J.B. Brausch, dans son rapport sur " Le pluralisme ethnique et culturel au Congo belge ", le but de cette politique - très difficile à atteindre dans les conditions actualles de contacts humains et de communication entre les cultures - est, de maintenir entre le droit et la réalité un équilibre tel que " par la même occasion, tous les habitants du pays (Congo Belge) aient des chances égales devant l'avenir et que les valeurs culturelles de chaque groupe soient respectées intégralement ". Une politique similaire a été suivie par les Français en Algérie; les populations musulmanes y ont consevé la plupart de leurs valeurs culturelles et, dans une large mesure, pureté ethnique, cependant que les améliorations techniques apportées par l'administration française ont bénéficié aux groupes musulmans aussi bien qu'aux groupes chrétiens. Peut-être la situation actuelle en Algérie nous offre-t-elle en matière de pluralisme ethique et culturel l'exemple d'une uxpérience sociologique accordant trop à la diversité et trop peu à l'unité. Certains aspects objec tifs de cette situation sont décrits par le Professeur Louis Milliot dans son rapport sur " Le pluralisme ethnique et culturel en Algérie ". La résistance ethnique des Musulmans aux éléments extrinsèques, à travers l'interdiction par l'Islam du mariage des femmes musulmanes orthodoxes avec non-musulmans, est un obstacle au développement de cultures et de populations métisses dans les zones de contact entre groupes chrétiens et islamiques. D'autre part, la mobilité des Syriens et des Libanais en Afrique est favorable à ce que M. Georges Gayet, dans son rapport sur " Les Libanais et les Syriens dans l'Ouest Africains " nomme " de larges compréhensions réciproques " par " la prospérité de familles libanaises africaines ". Source: FREYRE, Gilberto. Annexe au rapport général sur le pluralisme culturel. Lisbonne: Institut International des Civilisations Différentes, 1957. 3p. |